Introduction à l'art du parfum
Dans les méandres du temps, le parfum s'est élevé comme un art immémorial, capturant les souvenirs et les émotions dans ses fragrances envoûtantes. Depuis les premières distillations de plantes aromatiques par les anciennes civilisations jusqu'aux somptueuses créations des parfumeurs contemporains, son importance transcende les époques et les cultures. L'odorat, étroitement lié à la mémoire, éveille des réminiscences profondes, tissant des liens entre le passé et le présent. Dans un monde de plus en plus digitalisé, le parfum demeure l'un des rares plaisirs sensoriels tangibles, invitant à une expérience immédiate et palpable. Pour apprécier pleinement ses nuances, il faut être là, présent, pour inhaler ses volutes délicates et laisser son essence imprégner nos sens.
Dans cette ode à l'art du parfum, nous vous inviterons à découvrir la gamme raffinée de Maison Séjour. Fondée sur l'authenticité et le savoir-faire artisanal, chaque fragrance raconte une histoire unique, capturant l'essence des moments précieux. Des bougies artisanales, fusionnant la cire de soja aux parfums exquis de Grasse, sans CMR ni allergènes, aux mèches en coton sans plomb, chaque création incarne l'élégance et la qualité. Embarquez pour un voyage olfactif où chaque note révèle un chapitre de cette histoire parfumée, imprégnant votre espace de sérénité et de bien-être.
L'histoire du parfum : un voyage à travers le temps
Engouffrons-nous dans les profondeurs du temps, là où les premières traces olfactives émergent des brumes de l'histoire. Dans cette première partie, nous explorerons l'évolution captivante du parfum à travers les âges, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.
Au cœur de la Préhistoire, l'odorat se révèle comme un sens crucial, indispensable à la survie de nos ancêtres. Mais c'est avec l'avènement des premières civilisations que le parfum prend une dimension sacrée. Des rites religieux de l'Égypte ancienne aux cérémonies de la Grèce et de Rome, le parfum devient un symbole d'adoration et de sacrifice, imprégnant les temples de son aura envoûtante. Le mot même de "parfum" trouve ses origines dans l'expression latine "per fumum", signifiant "par la fumée", rappelant les pratiques ancestrales où les Mésopotamiens brûlaient des essences précieuses sur les autels, offrant leurs parfums aux dieux dans un geste de dévotion. Les volutes de fumée s'élevaient alors vers les cieux, portant les prières et les hommages vers les divinités célestes.
Cette première partie nous plongera ainsi dans les rituels ancestraux où le parfum, mêlant mystère et sacré, tisse les premiers fils de son histoire fascinante.
Les temps anciens :
Rituels religieux :
La reine Hatchepsout, illustre souveraine de l'Égypte antique durant son règne de 1478 à 1458 avant J-C, témoignait d'une consommation notable d'oliban, allant jusqu'à ordonner la recherche d'arbres produisant cette précieuse résine pour en avoir à proximité. Dans cette civilisation riche en rituels et cérémonies, l'utilisation de l'encens était une pratique régulière tout au long de la journée. Un salut matinal consistait en la combustion de résine, suivi d'une offrande de myrrhe à midi, puis d'une autre offrande de khyphi, un parfum solide composé de 16 ingrédients, le soir. Ce dernier rituel nocturne avait pour dessein de faciliter le voyage des dieux à travers les mondes souterrains, permettant ainsi à Râ, le dieu du soleil, de revenir victorieux au matin. Le khyphi, mélangeant raisins secs, baies de genévrier, souchet odorant, vin, miel, et d'autres ingrédients, constituait une composition aromatique emblématique de l'Égypte antique. L'engouement pour l'encens perdura bien après la fin de la civilisation des pharaons, marqué par l'accroissement des échanges commerciaux entre les Romains et les Arabes au IIe siècle. Cette période vit une consommation estimée à 3000 tonnes par an, témoignant de l'importance continue de cet ingrédient précieux dans les pratiques religieuses et les rituels traditionnels.
L'Égypte antique fut le berceau de la première méthode d'extraction de parfum, connue sous le nom d'enfleurage. Cette technique consistait à placer des fleurs sur une plaque recouverte de saindoux ou de suif, permettant ainsi au gras de la plaque d'absorber les principes odorants des fleurs. Elle était largement utilisée pour extraire les parfums du jasmin, de la tubéreuse et du lotus bleu. Les premières expériences en parfumerie incluaient également des ingrédients tels que la myrrhe, la fleur de frangipanier, le laurier rose et la grenade.
Pour les Égyptiens, le parfum revêtait une signification profonde, constituant une forme primitive d'aromathérapie. Il était considéré comme essentiel pour la santé et le maintien d'un équilibre harmonieux entre le corps et l'esprit, tout en jouant un rôle crucial dans les rituels funéraires, où il était utilisé pour préparer les corps des défunts et assurer leur passage vers l'au-delà.
Des préparations aromathérapies telles que le metopian, un mélange destiné à soulager les maux d'estomac à base de myrrhe et de cardamome, ainsi que la thériaque, un remède contre l'anxiété contenant de l'huile de dattier du désert, des résines, du vin, de la peau de serpent et de la cannelle, témoignent de la sophistication des connaissances médicales de l'époque.
Même lors de la momification, les Égyptiens considéraient le parfum comme un élément essentiel. Les corps étaient embaumés et les pharaons étaient souvent enterrés avec des pots d'huiles essentielles dans leur sarcophage, offerts comme cadeaux aux divinités de l'au-delà.
Grèce antique :
Les Grecs, adeptes du raffinement, faisaient usage d'une palette d'ingrédients locaux et importés dans leurs créations parfumées. Parmi leurs favoris figuraient la jonquille, le safran, la mousse de chêne, la cannelle, le gingembre et le nard, conférant à leurs parfums une richesse sensorielle unique.
Les Romains, passionnés d'aromathérapie, se distinguèrent par leur expertise dans la création et l'exportation d'huiles à base de fleurs et d'herbes séchées, telles que le lys, le thym, la menthe, la sauge et la rose. Dans ces deux cultures, des parfums spécifiques étaient réservés à certaines parties du corps : la menthe pour les bras, et l'huile d'amande pour les pieds, apportant fraîcheur et douceur à la peau.
Tant les athlètes grecs que les gladiateurs romains adoptaient l'usage du parfum avant d'entrer dans l'arène ou le stade. Cette pratique visait non seulement à masquer les odeurs corporelles, mais aussi à stimuler les sens et à renforcer la confiance en soi, dans le but de se préparer mentalement et physiquement à l'épreuve à venir.
Les Romains avaient recours au parfum sous diverses formes, telles que la poudre, l'huile ou l'onguent, pour créer une expérience olfactive précieuse leur permettant d'échapper aux odeurs désagréables des tanneries et des blanchisseries, où les vêtements étaient nettoyés à l'urine pour son pouvoir ammoniacal désinfectant.
Les parfums étaient étroitement associés aux lieux de la même manière que les odeurs corporelles distinguaient les classes sociales. Seuls les citoyens fortunés pouvaient se permettre de fréquenter les bains publics et les saunas pour se laver et se parfumer le corps. Dans les foyers, des coussins aux animaux domestiques, chaque élément était imprégné de parfum. Les murs et les sols des maisons luxueuses étaient polis avec des baumes odorants ou aspergés d'eau parfumée, tandis que même le feu de cheminée était utilisé pour diffuser des fragrances agréables dans l'air environnant.
Au 2e siècle, l'alchimiste d'Alexandrie, Marie la Juive, révolutionne l'art de la parfumerie en inventant la première technique de distillation. Cette innovation permet de séparer l'huile et l'eau extraites des plantes, marquant ainsi un tournant décisif dans l'histoire de la création des parfums.
Les documents historiques révèlent les préférences olfactives des différentes civilisations de l'Antiquité :
Les Babyloniens étaient réputés pour leurs mélanges odorants à base d'essences de pins et d'autres conifères, utilisés dans le cadre du culte de leur dieu du soleil, Shamash. La culture minoenne vouait un culte particulier à la rose et au lys. Le lys, symbole de pureté, devint ultérieurement associé à l'amour sublime, à la procréation et à la gloire. Les Étrusques, quant à eux, avaient un penchant pour les senteurs à base de plantes locales telles que la myrrhe ou les Cistacaes, qu'ils utilisaient pour créer de l'encens lors de leurs cérémonies. Toutefois, ces produits étaient réservés à la royauté en raison de leur coût élevé et du travail considérable qu'ils exigeaient.
Au Japon, l'utilisation de l'encens n'était pas documentée avant l'an 595, avant l'introduction des cultures bouddhistes et zen dans le pays. Cependant, dès cette époque, son importance s'est rapidement accrue dans les rituels et les célébrations, donnant naissance au kōdō, littéralement "la voie de l'encens", un art traditionnel encore pratiqué de nos jours. Pendant la cérémonie, une pièce empreinte de silence accueille six variétés de bois parfumé, (kyara,roku, manaka, sumotora et sasora) disposées sur des plateaux en mica posés sur un lit de cendres incandescentes. Ces plateaux sont ensuite passés de main en main, permettant à chaque participant de s'imprégner des parfums et de tenter de deviner à quelle essence chaque odeur appartient.
L’amoral aromate :
Même dans les temps les plus reculés, le parfum était souvent associé à des rituels sacrés. L'odorat, intimement lié au plaisir, était parfois perçu comme un sens dangereux, et dans certaines religions, la fabrication de parfum était considérée comme une activité hédoniste.
Les premiers écrits bouddhistes classaient les arômes en trois catégories : alliés, neutres et ennemis, soulignant ainsi l'importance de l'odorat dans la spiritualité.
Pour les chrétiens, l'utilisation des parfums comme biens de luxe ou leur origine douteuse pouvaient être vus comme des motifs de condamnation divine, suscitant la colère de la communauté religieuse.
Pourtant, à travers l'histoire, les parfums ont également suscité la réflexion de nombreux penseurs et scientifiques. Au début du 18e siècle, le naturaliste suédois Carl Von Linné initia l'osmologie, l'étude du nez, en établissant une hiérarchie des odeurs en fonction de leur agrément.
Marsile Ficin proposa quant à lui une classification des odeurs basée sur leur personnalité, illustrant ainsi la complexité de la relation entre l'homme et le monde olfactif qui l'entoure.
La naissance de la parfumerie moderne :
Le commerce du parfum prit son essor au cours du XVIIIe siècle, avec le développement des senteurs liquides et l'émergence des premières parfumeries modernes en France. Une fragrance emblématique de cette époque perdure encore aujourd'hui : l'eau de Cologne 4711, réputée pour sa richesse en notes hespéridées.
La propreté et l'art du bain devinrent des symboles de raffinement, notamment grâce à l'influence de personnalités telles que Madame de Pompadour et Marie Antoinette, qui favorisèrent l'utilisation d'eaux légères en remplacement des parfums lourds du passé.
Autrefois réservé aux apothicaires, le commerce du parfum connut un tournant majeur avec l'ouverture de la première boutique de parfum à Paris en 1775, suivie en 1782 par l'établissement d'une fabrique de parfum à Grasse. Cette ville, abandonnant progressivement ses activités de tannerie et de ganterie au profit de la parfumerie, s'imposa comme la capitale de l'industrie du parfum et donna naissance à des maisons emblématiques telles que la Parfumerie Fragonard en 1926.
Si la Révolution française a temporairement ralenti l'essor de la parfumerie, celle-ci a repris son élan avec vigueur sous Napoléon, qui soutenait activement ce secteur en commandant pas moins de cinquante bouteilles d'eau de Cologne par mois. Au siècle suivant, des études sur le parfum et des innovations significatives ont marqué son évolution.
En 1835, l'extraction par solvant a partiellement remplacé la méthode d'entraînement à la vapeur, permettant ainsi l'utilisation de fleurs plus délicates en parfumerie. La Maison Houbigant a créé l'eau de Cologne Fougère Royale, le tout premier parfum contenant une molécule de synthèse, la coumarine, dérivée de la fève tonka et offrant des notes de vanille, d'amande et de foin. Cette invention a ouvert la voie à des centaines de marques, leur permettant d'accéder à des fleurs de synthèse et de développer leurs créations de manière rapide, démocratisant ainsi le parfum. L'avènement des molécules a marqué un tournant majeur dans l'histoire de la parfumerie.
George William Septimus Piesse, dans son ouvrage "The Art of Perfumery", a contribué à établir le vocabulaire de la parfumerie moderne, introduisant des concepts tels que les notes et les orgues à parfums.
Cette partie met en lumière les multiples facettes du parfum, reflétant à la fois des rituels ancestraux, des signes de décadence, et un éloge du corps. Il est également un moyen crucial de soutenir l'économie locale, étant un élément commun à de nombreuses cultures, même si sa signification varie d'une à l'autre.
Le parfum accompagne le développement de l'humanité dans les sphères artistiques, scientifiques et sociales, passant d'un objet de luxe extravagant réservé à l'élite à un produit prêt-à-porter accessible au plus grand nombre. Les avancées réalisées dans les cercles artisanaux et scientifiques ont jeté les bases de l'époque moderne de la parfumerie.
Cette ère moderne de la parfumerie prend son envol avec l'ouverture de la parfumerie de Pierre-François Pascal Guerlain à Paris en 1828, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère où le parfum devient un élément incontournable de la vie quotidienne pour de nombreuses personnes à travers le monde.

B. L’Époque moderne
L'émergence des premières boutiques spécialisées dans les parfums et la prise de conscience croissante du savoir-faire nécessaire à leur création ont marqué l'avènement d'un nouveau monde, où la compréhension et l'appréciation des fragrances ont pris de l'ampleur. Alors qu'auparavant, jusqu'au 20e siècle, le parfum était principalement utilisé à des fins pratiques, que ce soit dans un contexte religieux ou pour désodoriser le corps, le développement massif de l'industrie de la parfumerie et la fabrication à grande échelle de produits odorants pour le corps et la maison ont instauré une nouvelle relation entre les individus et les arômes.
L'aromathérapie, une pratique mondiale et séculaire, trouve ses premières traces dans la médecine ayurvédique dès 3000 av. J.-C., ainsi que dans des textes chinois datant de 2800 av. J.-C., qui vantent les bienfaits de l'orange et du gingembre pour la santé. Des précurseurs de cette pratique peuvent également être retrouvés dans l'Antiquité égyptienne, ainsi qu'en Occident avec les médecins grecs Hippocrate et Pedanius Dioscoride, et le romain Claude Galien.
Cependant, dans nos contrées, les remèdes à base de plantes ont connu un regain d'intérêt significatif à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Le chimiste français René Maurice Gattefossé a redécouvert les propriétés médicinales de la lavande en 1910 et l'a utilisée, sous forme d'huiles essentielles, pour soigner les soldats lors de la Première Guerre mondiale. C'est également lui qui a introduit le terme "aromathérapie" dans un article paru en 1928.
Par la suite, Jean Valnet a opté pour l'utilisation des huiles essentielles dans le traitement des troubles physiques et psychologiques, publiant "Aromathérapie, traitement des maladies par les essences des plantes" en 1964. Dans les années 1950, la biochimiste autrichienne Marguerite Maury a initié les premiers massages aromathérapiques, publiant "Le Capital Jeunesse" en 1961. Quant à Robert Tisserand, il a publié "The Art of Aromatherapy" en 1977.
L'industrialisation a propulsé la production de masse des parfums à une vitesse vertigineuse tout au long du 19e siècle. Les fragrances, affranchies des seuls cercles de la religion ou de la royauté, ont vu l'industrie s'adapter à une demande croissante des consommateurs, qui ont peu à peu intégré le parfum dans leur vie quotidienne.
Au début du 20e siècle, les parfums ont connu une démocratisation grâce aux molécules de synthèse, qui imitent les matières naturelles à moindre coût, ainsi qu'à des techniques de distillation plus efficaces telles que l'extraction par solvant. Parallèlement, le choix de parfums produits à grande échelle s'est considérablement élargi. Ainsi, l'industrie du parfum telle que nous la connaissons aujourd'hui est en train de naître.
”Des années 1870 à la fin des années 1930, on a connu une période incroyable de créativité et l’émergence de tout un tas d’audacieux génies de la parfumerie, comme Ernest Daltroff chez caron et les Grossmith chez Guerlain ou des hommes un peu tombés dans l’oubli aujourd’hui comme Jean Patou et Paul Poiret”, explique James Craven, archiviste pour la boutique indépendante de parfums les senteurs, basé à Londres.
En 1882, Paul Parquet a élaboré la toute première fragrance intégrant une molécule synthétique : la Fougère Royale, qui comportait de la coumarine en plus des notes naturelles de lavande, de mousse de chêne et de fève tonka. En 1889, Aimé Guerlain a créé Jicky, un parfum de type fougère aux accents orientaux, avec des notes de tête de lavande, de romarin, de bergamote et d'agrumes sur une base de vanille et de cuir. Non seulement ces produits contenaient divers éléments artificiels tels que la coumarine, l'éthyl-vanilline et le linalol (un alcool terpénique), mais leur construction était également bien plus complexe que tout ce que la production de masse avait connu jusqu'alors.
"Fougère Royale et Jicky ont marqué le début de la parfumerie moderne, car ils ont introduit l'utilisation de molécules synthétiques. Au début des années 1900, les prix étaient encore élevés, mais les parfums sont soudainement devenus accessibles au plus grand nombre car ils n'étaient plus saturés d'absolus, des huiles extrêmement concentrées et coûteuses. Les avancées dans les molécules de synthèse et leur utilisation par des maisons de parfums telles que Guerlain, Coty et Houbigant ont profondément transformé le paysage de la parfumerie dans son ensemble", commente Nick Gilbert, consultant pour l'agence Olfiction.
Entre 1900 et 1910, les parfumeurs rivaux François Coty et Jacques Guerlain ont développé des styles assez similaires qui sont aujourd'hui considérés comme majeurs dans l'histoire de la parfumerie. Ils ont créé des œuvres emblématiques de leurs catégories respectives, telles que L'Origan en 1905 et L'Heure Bleue en 1912 pour les floraux, Chypre (de Coty) en 1917 et Mitsouko en 1919 pour les chypres, et Émeraude en 1921 et Shalimar en 1925 pour les ambrés (ou orientaux).
À cette époque, les ingrédients sont devenus des enjeux commerciaux majeurs. De simples artisans extracteurs, les fournisseurs sont devenus internationaux, tels que Firmenich et Givaudan (tous deux fondés en 1895). Nick Gilbert souligne également que la découverte de nouvelles molécules a lancé des tendances. Par exemple, en 1898, la création de l'ionone (un composé aromatique donnant aux fleurs qui en contiennent leur odeur caractéristique) a conduit à la création de nombreux parfums à la violette. L'émergence d'ingrédients moins coûteux a également ouvert la voie à de nouvelles expérimentations dans les compositions.
L’air du temps :
L'arrivée des aldéhydes dans les années 1920 a marqué un tournant majeur dans l'industrie de la parfumerie. Les consommateurs ont commencé à accepter davantage l'utilisation de produits de synthèse, en grande partie grâce au célèbre Chanel N°5. Créé par Ernest Beaux en 1921 pour la maison de haute couture française, ce parfum exploite le côté savonneux et pétillant des aldéhydes pour enrichir une composition sinon classique d'ylang-ylang, d'iris, de jasmin, de rose, de civette et d'ambre.
En parallèle, Paul Poiret a été le premier couturier à lancer sa propre ligne de parfums avec les Parfums de Rosine en 1911, mais le N°5 de Chanel l'a rapidement suivi et surpassé. Ces deux avancées témoignent de l'indissociabilité croissante du parfum et de la mode.
Coco Chanel a révolutionné l'industrie de la mode en rompant avec les conventions et en suivant son propre instinct plutôt que les règles préétablies sur ce qu'il convient de porter. Son audace a ouvert la voie à une nouvelle ère de créativité. Aujourd'hui, cependant, la peur de perturber les sensibilités individuelles ou de mettre en danger la vie empêche souvent les créateurs de s'aventurer dans des domaines aussi divers.
Jusqu'à présent, les maisons de couture tirent souvent plus de profit de leurs lignes de parfums que de leurs collections de vêtements, car les fragrances représentent un accès au monde du luxe. Par exemple, en 1930, Joy, lancé avant la grande dépression, a permis à la maison Jean Patou de maintenir sa situation financière. Ce parfum a été présenté comme le plus cher du monde, nécessitant l'utilisation de 10 600 fleurs de jasmin et de 28 douzaines de roses pour fabriquer seulement 30 ml d'extrait pur de parfum. À l'époque, un petit flacon de Joy coûtait 30 euros, soit environ 500 euros aujourd'hui.
Le parfum a connu une vague de fragrances florales exubérantes dans les années 1930. Après la Première Guerre mondiale, où chacun rêvait d'un peu de luxe, les parfums verts sont devenus populaires après la Seconde Guerre mondiale, symbolisant l'espoir et le renouveau, évoquant la nature et le printemps. À la fin du conflit, Paris est devenue la capitale de l'industrie du parfum, les soldats américains rentrant chez eux avec des parfums français pour leurs fiancées, alimentant ainsi le désir pour ces fragrances, que ce soit à Paris ou ailleurs. Au cours du 20e siècle, les parfums ont reflété les caractéristiques de leur époque, tout comme la mode. Chaque décennie avait son vêtement emblématique - la robe évasée dans les années 1950, les mini-jupes dans les années 1960. De même, les parfums, grâce à l'accélération de la production et de la distribution, ont reflété l'esprit de leur époque. Par exemple, le parfum Bandit, avec ses notes de cuir et de fumée, créé pour Robert Piguet par Germaine Cellier en 1944, a été lancé à un moment où les femmes prenaient la place des hommes dans les usines, symbolisant ainsi la force et le courage.
Les parfums sont devenus un reflet de leur époque, soumis au marketing et à la catégorisation des genres. Un exemple est Pour un Homme de Caron, lancé en 1934, qui illustre l'évolution et la professionnalisation du marketing et de la publicité. Les "Mad Men" ont joué un rôle majeur dans la distinction entre les produits pour hommes et pour femmes, et les parfums n'ont pas fait exception à cette règle.
Dans les années 50, les parfums ont été fortement féminisés avec des senteurs florales, tandis qu'au début des années 70, les parfums à base de patchouli ont émergé en tant que symboles de la contre-culture. En 1972, Aliage d'Estée Lauder a rompu avec les archétypes de l'idéal féminin en le présentant comme un parfum sportif pour femme. Cette période a vu l'apparition de fragrances plus décontractées, laissant place à des parfums ambrés puissants tels que Opium d'YSL en 1977 ou Poison de Dior en 1985. En 1985, le roman phare de l'auteur allemand Patrick Süskind, "Le Parfum: Histoire d'un meurtrier", a précisément décrit le monde du parfum, suscitant beaucoup de discussions auprès du grand public.
Dans les années 80, l'accent était mis sur l'excès, le pouvoir, le sexe et l'argent, avec des parfums forts qui correspondaient à cette époque caractérisée par les épaules larges et les cheveux bouffants. Cependant, dans les années 90, il y a eu un changement vers la sobriété et la fraîcheur, selon Gilbert, en réponse au besoin de soulager les narines après une décennie de créations sensuelles et voluptueuses. Cette période était définie par des styles plus androgynes, cherchant à détourner l'attention plutôt qu'à l'attirer. Des marques comme Jil Sander et Prada étaient des porte-paroles du minimalisme avec des créations épurées. En 1994, Calvin Klein a incarné ce style androgyne avec son parfum unisexe, CK One, caractérisé par un flacon sobre et épuré. Cette fragrance était un mélange aromatique de citron, de notes vertes, de bergamote, d'ananas, de cèdre et de musc, adaptée tant aux hommes qu'aux femmes.
Au cœur de cette tendance des hespéridés, Angel, créé par Olivier Cresp pour Mugler en 1992, se distingue comme un parfum gourmand par excellence. Il cherche à recréer les odeurs d'une soirée estivale dans une fête foraine, évoquant la barbe à papa et les pommes d'amour. Cette fragrance mélange habilement plusieurs notes culinaires, telles que la noix de coco, le cassis et les fruits rouges, avec des accords de vanille, de chocolat et de caramel. Angel offre un retour en enfance et procure le plaisir de déguster, effaçant les frontières entre les odeurs et les saveurs.
Industrie de masse :
La forte croissance de l'industrie du parfum a conduit à l'adoption de réglementations en matière de sécurité et de santé, établissant ainsi les bases de l'IFRA (Association Internationale du Parfum) en 1973. Cette organisation a établi des concentrations maximales autorisées pour chaque ingrédient pouvant être présent dans un parfum, par exemple, un produit fini ne peut contenir plus de 4% d'absolue de jasmin sambac. De plus, l'IFRA peut interdire l'utilisation de certaines matières à l'ensemble de l'industrie du parfum. D'autres organismes, tels que le Système Général Harmonisé de Classification et d'Étiquetage des Produits Chimiques des Nations Unies, le Comité Scientifique Européen pour la Sécurité des Consommateurs de l'Union Européenne, ainsi que les organismes nationaux de santé et de sécurité, peuvent également intervenir pour supprimer ou restreindre certains ingrédients.
Il y a un siècle, le parfum était principalement réservé au corps, mais aujourd'hui, les fragrances se sont étendues à d'autres domaines, avec des produits courants comme les assouplissants, les bombes aérosols, les déodorants, les crèmes hydratantes et même le papier toilette tous parfumés. Cette expansion a conduit à une intensification et à une stricte réglementation pour garantir la sécurité des consommateurs. Il est essentiel que tous les produits que nous appliquons sur notre corps au quotidien soient sûrs. En conséquence, certains parfums ont été retirés de la production ou leurs formules ont été modifiées s'ils étaient jugés nocifs. Par exemple, les muscs nitrés, populaires dans des parfums comme Arpège de Lanvin dans sa version originale de 1927, ont été retirés en 1980 en raison de leur effet perturbateur sur les hormones et les cellules.
Actuellement, de nouveaux composés chimiques aromatiques font leur entrée sur le marché, mais ils sont soumis à une phase de tests rigoureuse pour garantir leur non-toxicité pour l'homme. Ces dernières années, la Commission européenne a demandé l'interdiction de la mousse de chêne ainsi que du lilial et du lyral, deux ingrédients clés qui recréent l'odeur du muguet, en raison de leur potentiel allergisant. Pour répondre à ces réglementations, les maisons de parfums ont rapidement reformulé plusieurs de leurs compositions en remplaçant certaines matières premières par des alternatives synthétiques, tout en cherchant à ne pas renoncer totalement à leur création originale.
Parfums de stars & apparition de niches :
Dans les années 1990, les parfums étaient caractérisés par leurs notes hespéridées fraîches et légères, notamment ceux lancés par des maisons de couture telles que Tommy Hilfiger, Calvin Klein K et Issey Miyake. Une autre tendance marquante était celle des parfums de célébrités. White Diamonds d'Elizabeth Taylor, un parfum floral aldéhydé créé par Carlos Benaim en 1991, reste à ce jour le parfum de célébrité le plus vendu de tous les temps, générant 49 millions d'euros sur 20 ans. Les célébrités ont ainsi érigé de véritables empires autour du parfum ; Paris Hilton et Britney Spears ont prêté leur nom à plus de 25 fragrances chacune.
Une partie de l'industrie cherche à élargir son public en convainquant toujours plus de consommateurs, mais un autre modèle émerge également : celui de la parfumerie de niche. Ces petites entreprises cherchent à expérimenter davantage, produisant moins d'exemplaires et permettant ainsi une plus grande liberté créative. En 1961, Diptyque a été pionnière dans le domaine des maisons de parfum de niche, suivie par L'Artisan Parfumeur en 1976, Annick Goutal en 1981 et Serge Lutens pour Shiseido en 1980, qui a par la suite poursuivi son activité avec sa propre marque. En 1966, Christopher Brosius et Christopher Gable ont lancé l'une des premières lignes de parfums véritablement conceptuelles : Demeter. Leurs créations telles que Dirt, Tomato, et Grass ont pris le parti de créer des odeurs étranges plutôt que de vendre des produits genrés faussement romantiques.
Les parfums conceptuels ont émergé non seulement grâce aux avancées technologiques, mais aussi parce que les consommateurs étaient prêts à aborder les fragrances d'une manière différente. Ces parfums ne sont pas simplement des ornements, mais plutôt des messages créés par les parfumeurs et perçus ensuite par le nez, comme une bouteille jetée à la mer. Cependant, les marques de niche ont connu des débuts difficiles, car les grandes marques telles que Tommy Hilfiger et Calvin Klien occupaient tout l'espace, ce qui rendait la conquête du marché plus ardue.
La perfumista, ou fashionista du parfum, n'existait pas encore, et il n'y avait pas de place pour un marché de niche car les gens se méfiaient, n'en ayant jamais entendu parler auparavant. Cependant, en 2000, la visibilité des parfumeurs et de l'industrie dans son ensemble a changé avec la création des éditions de parfums Frédéric Malle. Cette marque a été la première à apposer les noms des nez parfumeurs sur l'étiquette et à présenter leur portrait à côté de leur création dans les espaces de vente, ce qui a été révolutionnaire. Le grand public a alors pris conscience de leur importance. Les parfumeurs sont devenus une fascination pour les gens, semblables à des stars de cinéma que tout le monde connaît sans jamais les avoir rencontrées. Ils ont une aura de magicien ou d'enchanteur, ayant la capacité de transformer les rêves en réalité et d'influencer les émotions, aussi bien que les psychologues, psychiatres et autres.
Les avancées technologiques ont permis une infinité de compositions olfactives, avec l'utilisation courante des molécules de synthèse, et le travail du parfumeur en tant qu'artiste a été pleinement reconnu. Ces éléments ont propulsé le parfum dans l'ère postmoderne au tournant du millénaire, le libérant des contraintes marketing liées au genre et des techniques de fabrication de masse. Portée par la diffusion en ligne des connaissances sur les matières premières et la disponibilité accrue de celles-ci, les deux décennies suivantes allaient façonner la parfumerie telle que nous la connaissons aujourd'hui.
C. Époque contemporaine
Au cours du 20e siècle, chaque décennie était marquée par une signature olfactive distincte : les parfums floraux et féminins des années 50, par exemple, ou les senteurs androgynes des années 90. Cependant, l'époque postmoderne est plus difficile à définir. Bien que certaines tendances aient émergé au milieu des années 2000, telles que les florientaux (parfums floraux avec des notes de fond chaudes et douces d'ambre et de santal) ou les fragrances à base d'oud (exotiques et complexes), une impression de fragmentation domine cette période. Il est presque impossible de définir distinctement "le look ou l'odeur des années 2000", car les tendances étaient multiples. Cette époque était caractérisée par une plus grande liberté, reflétant le chaos mondial dans lequel nous évoluions.
Peu affectée par l'émergence des maisons indépendantes, l'industrie du parfum s'est transformée en un empire commercial. En 2018, le marché mondial du parfum était évalué à 46,9 milliards d'euros, avec des prévisions dépassant les 70 milliards d'euros d'ici 2024 (source datant de 2019). Les estimations pour 2028 atteignaient 84,2 milliards d'euros en 2024. Les fragrances appliquées sur la peau ne sont pas les seules à générer des profits considérables : les parfums d'intérieur ont représenté 13,60 milliards d'euros en 2024, avec des perspectives atteignant 17 milliards d'euros d'ici 2029. Dans ce dernier marché, le secteur du luxe a connu une croissance exponentielle, avec un attrait pour les parfums de prestige se diffusant même dans les foyers.
Au cours du 20e siècle, le parfum est passé d'un simple produit lifestyle à une muse artistique, mais son rôle a continué d'évoluer dans l'ère post-2000, s'immisçant dans de nouvelles sphères. En 2006, le parfumeur Antoine Lie a créé le sulfureux Sécrétions Magnifiques, un parfum cherchant à reproduire les odeurs du sang, de la sueur et du sperme. À travers son projet de "pilule cosmétique" ou performance artistique appelé "Swallowable Parfum", présenté en 2011, l'artiste Lucy McRae a imaginé un futur où le corps humain diffuserait lui-même du parfum. Bien qu'il y ait toujours de la place pour des créations d'exception ou des senteurs simplement agréables, un petit groupe de parfumeurs, d'artistes et d'entrepreneurs aspirent à libérer le parfum de son flacon de cristal et à faire découvrir au public le pouvoir psychologique de l'odorat.
L’avènement de l’unisexe :
En 1994, comme très légèrement abordé précédemment, Calvin Klein lance CK One, un parfum hespéridé imaginé par Alberto Morillas et Harry Fremont, présenté comme étant destiné aussi bien aux hommes qu'aux femmes. Bien que certains parfums aient déjà franchi les frontières entre les genres, c'était la première fois qu'un produit était officiellement qualifié d'unisexe. Cependant, c'est surtout avec l'essor de la parfumerie de niche au début des années 2000 que le parfum en tant que tel a commencé à primer sur la catégorie homme/femme. Le storytelling a commencé à jouer un rôle croissant dans le marketing, mais ce n'est pas la seule raison : les maisons de niche, en raison de leurs réseaux de distribution limités, ne pouvaient se permettre de se limiter à un segment spécifique du marché.
Ces marques ont néanmoins initié un changement dans l'approche des parfums. L'idée n'était plus simplement d'acquérir l'essence olfactive de l'idéal féminin ou masculin, mais plutôt d'harmoniser le parfum avec la personnalité ou l'humeur individuelle, mettant l'accent sur l'individualité. Si la culture hipster, emblématique des années 2000, devait avoir une signature olfactive, elle serait sans doute trouvée parmi les parfums de niche. Deux fragrances en particulier semblent symboliser cette période : Santal 33 de Le Labo (2006) et Molecule 01 d'Escentric Molecule (2006).
D'un point de vue linguistique, les deux ont des noms simples : "Santal" correspond à l'odeur dominante du parfum, tandis que "33" correspond aux notes dans sa composition. Molecule 01 était le premier parfum de la société et il est composé d'une seule molécule, l'Iso E Super, un composé aromatique breveté par IFF, qui rappelle l'odeur du cèdre. Aucune de ces créations ne promet une virilité exacerbée ou une féminité irrésistible, mais elles évoquent plutôt une promenade dans les champs de lavande de Provence ou l'ambiance enfumée d'un speakeasy. Leur nom explicite ce qu'elles sont, laissant à celui qui les sent le soin d'interpréter leur signification.
Le Labo avait une approche unique où le parfum choisi par le client était créé sur place, répondant ainsi au désir d'individualité de l'époque. La popularité immense de Santal 33 a attiré l'attention avec un article du New York Times en 2015 intitulé "Ce parfum que vous sentez partout, c'est Santal 33". Quant à Molecule 01, il symbolise un changement d'attitude envers les molécules de synthèse. Alors qu'elles étaient auparavant considérées comme inférieures à leurs équivalents naturels, elles ont été célébrées dans un parfum qui louait ouvertement la beauté des matières premières créées par l'homme. Tant Santal 33 que Molecule 01 ont joué un rôle décisif dans l'évolution des mentalités. Alors que les parfums étaient autrefois perçus comme de simples produits, ceux-ci ont suscité un nouveau rapport au parfum en touchant une corde sensible chez les clients en quête d'authenticité et d'originalité, loin des produits industriels conventionnels. Même les grandes marques ont reconnu l'intérêt de ces créations artisanales, avec des maisons de mode lançant leurs propres équivalents, comme Armani Privé, Prada Olfactories, les exclusifs de Chanel ou la gamme Private Blend de Tom Ford.
La montée de la "fluidité du genre" observée récemment a marqué un tournant dans l'évolution des parfums unisexes. Aujourd'hui, les parfums non genrés sont devenus la norme. Cependant, on observe également une résurgence des fragrances hypermasculines, telles que celles aux notes de cuir ou de tabac, en raison de la popularité croissante de la barbe stylisée chez les jeunes hommes.
L’expansion odorifère :
Face au succès fulgurant de Le Labo et d’Escentric Molecule, de nombreuses lignes de parfums conceptuels ont émergé entre le milieu et la fin des années 2000. Les marques ont commencé à créer des fragrances inspirées par divers éléments tels que les groupes sanguins (Blood Concept), les animaux (Zoologist), les villes (Gallivant) ou même les plantes vénéneuses (Parfum Quartana). Afin de captiver le public des niches, il ne suffisait plus d'être simplement un parfumeur expérimenté capable de composer des fragrances agréables.
En parallèle de ces créations avant-gardistes, une reconnaissance de la signification culturelle du parfum s'est développée grâce à des expositions telles que "The Art of Scent 1889-2012" au Museum of Art and Design de New York et "Perfumes: A Sensory Journey Through Contemporary Scent" au Somerset House à Londres. L'ouverture du Grand Musée du Parfum à Paris en 2016, bien que de courte durée (fermé en 2018), a marqué une étape importante dans l'appréciation du parfum à grande échelle. De nombreuses publications, comme “Essence and Alchemy” de Mandy Aftel en 2001, "The Secret of Scent" de Luca Turin en 2006, "The Perfect Scent" de Chandler Burr en 2008 et "Perfume: A Century of Scent" de Lizzie Ostrom en 2015, ont exploré les multiples facettes du monde du parfum à travers l'histoire, l'économie, la science et l'esthétique.
L'artiste et chimiste Sissel Tolaas a également repoussé les limites du parfum dès la fin des années 1990 avec une œuvre prolifique. Son projet de recherche "City Smellscape", mené en collaboration avec des architectes, des sociétés commerciales et des écologistes, visait à capturer le profil olfactif de plus de cinquante villes. Son "Smell Memory Kit", une ampoule conçue pour contenir une odeur abstraite, offre une expérience olfactive unique une fois libérée. En 2004, son installation "The Fear of Smell - The Smell of Fear" présentait les odeurs corporelles d'hommes souffrant de crises de panique, liées à des phobies.
Les entreprises ont également saisi le potentiel du parfum pour renforcer le lien avec les consommateurs. Des sociétés comme Future of Smell et DreamAir proposent des services de conseil et de personnalisation pour parfumer les espaces et améliorer l'expérience client.
Les parfums fait maison :
La montée en puissance de la parfumerie de niche a suscité un intérêt accru pour la connaissance olfactive, et la révolution numérique a contribué à étancher cette soif de savoir, rendant les fragrances plus accessibles et levant ainsi le voile sur un secteur longtemps entouré de mystère.
Les avancées numériques ont largement facilité l'accès à des informations détaillées sur le fonctionnement de l'industrie du parfum. Des communautés virtuelles de passionnés se sont constituées, notamment sur des plateformes telles que Basenotes ou Fragrantica. Sur les chaînes YouTube, les témoignages sur l'utilisation de différents parfums se multiplient, offrant ainsi une tribune aux nouveaux produits. De nos jours, les matières premières, autrefois réservées aux grandes marques via des fournisseurs comme IFF ou Firmenich, sont accessibles en plus petites quantités pour la création de parfums en DIY (Do It Yourself). Des parfumeurs renommés tels que Karen Gilbert et Sarah McCartney, ainsi que des entreprises comme l'Experimental Perfume Club, proposent des ateliers où l'on peut apprendre à créer des parfums de A à Z.
Cependant, les consommateurs expriment de plus en plus de réticences à utiliser des produits chimiques sur leur peau, ce qui explique le retour en force des parfums bio et naturels, portés par des maisons telles que Aftelier, Hiram Green et April Aromatics. Cette tendance trouve sa vertu dans la nécessité, notamment pour le marché de niche, qui doit constamment innover pour se démarquer. Plusieurs classiques ont été amenés à évoluer, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Par exemple, Etat Libre d'Orange a lancé en 2018 I Am Trash - Les Fleurs du Déchet, composé uniquement d'essences recyclées. Cependant, un avenir entièrement axé sur le naturel semble peu probable dans l'univers des parfums. En effet, une matière naturelle n'est pas nécessairement sans danger. Par exemple, une rose produit des centaines de produits chimiques, certains pouvant être nocifs, ou ne se prêtant pas à être utilisés sous forme d'huile essentielle. De plus, du point de vue environnemental, il n'y a pas suffisamment de terres disponibles pour permettre à chaque parfum d'être composé à 100% d'ingrédients naturels.
La nouvelle génération de passionnés de parfums ne recherche pas uniquement des fragrances strictement naturelles, mais plutôt des odeurs qui évoquent une sensation de naturalité. Un exemple frappant est le succès de Salome de Papillon, qui a ravivé le débat sur les odeurs "sales", car il évoque davantage une peau non lavée que fraîchement nettoyée. Les jeunes sont friands des senteurs animales et des muscs très prononcés : ils cherchent des parfums plutôt provocateurs et sensuels.
Cette quête d'authenticité olfactive peut également être interprétée comme une réaction à notre monde numérique omniprésent.
"Nous en sommes arrivés à un stade où nous ne sommes plus en contact avec le monde animal. L'odorat est ce qu'il nous reste car il suscite des réactions émotionnelles et instinctives que nous ne pouvons pas contrôler. C'est viscéral", explique Craven.
Le succès des parfums de niche découle en partie de cela : les gens tentent de retrouver leur part animale, une humanité dépourvue d'artifices, qui n'est ni désodorisée ni désinfectée, ni politiquement ni moralement correcte.
Et l’avenir ?
Même les marques indépendantes ont évolué pour devenir de grandes entreprises, comme en témoigne l'acquisition récente de la maison Francis Kurkdjian par le groupe LVMH, par exemple. Cette fusion entre les maisons indépendantes et les marques de production à grande échelle représente un défi intéressant pour la nouvelle génération de parfumeurs. Le marché de niche a dû se réinventer pour continuer à revendiquer son statut de pionnier.
L'avenir du parfum est difficile à prédire. D'une part, les possibilités semblent immenses grâce à l'accès à une palette toujours plus large de matériaux synthétiques (comme l'Orriscience 8 Irone, un dérivé de l'iris récemment lancé), à la facilité d'accès à l'information et à la prolifération des boutiques en ligne. Cependant, l'avenir est également incertain car se démarquer sur le plan créatif est extrêmement difficile au milieu d'une concurrence toujours croissante de marques et de sociétés cherchant toutes à proposer de nouveaux formats.
Malgré cela, avec les avancées dans les parfums générés par l'IA, le développement du conseil en parfum ultra-personnalisé et l'intégration interdisciplinaire des fragrances à la fois dans les sphères artistiques et commerciales, il est possible que le meilleur du parfum soit encore à venir.
II. Compétences techniques
A. Différentes catégories de parfums
Lien entre parfum et sexualité : mythe des phéromones
Le parfum Paris Hilton, par exemple, contient de l'androstérone, une hormone utilisée dans la fabrication d'aphrodisiaques. Cependant, il n'est pas prouvé que l'androstérone soit réellement une phéromone. D'ailleurs, l'existence de phéromones humaines n'est pas scientifiquement établie, à l'exception de certaines situations comme lors de l'allaitement, où des phéromones peuvent être émises pour orienter le bébé vers le sein. De plus, il n'existe pas de lien avéré entre les hormones odorantes et la sexualité. Il est possible que l'idée du parfum rendu "sexy" soit davantage le fruit du marketing des grandes marques de parfums que d'une réalité scientifique. L'impact des odeurs sur le plaisir reste donc à démontrer de manière rigoureuse.
Variabilité des odeurs corporelles : une signature unique
Chaque individu possède une odeur corporelle aussi distinctive que son ADN. Cette spécificité olfactive résulte de l'activité des bactéries présentes sur notre peau, qui se nourrissent des molécules que nous sécrétons et transforment ainsi l'odeur des résidus cutanés, contribuant ainsi à notre propre parfum naturel. Ces bactéries, en se nourrissant notamment de l'hormone testostérone, expliquent pourquoi les hommes tendent à avoir une odeur plus prononcée que les femmes.
La flore cutanée joue également un rôle crucial dans notre système immunitaire, ce qui en fait un élément indispensable à notre santé et à notre survie. Les produits de parfumerie peuvent certes ajouter une touche supplémentaire à notre palette aromatique, mais ils ne peuvent jamais totalement remplacer cette signature unique.
Une grande partie de l'odeur émise par la plupart des êtres humains provient de la corynébactérie, une bactérie qui se nourrit des dérivés de la testostérone. Par ailleurs, les habitants de l'Asie de l'Est possèdent souvent une version déficiente du gène produisant cette hormone, ce qui se traduit par une moindre présence de certaines bactéries et donc une odeur moins prononcée.
Les enfants, n'étant pas encore contaminés par les bactéries, ont généralement moins d'odeur corporelle. En revanche, avec l'âge, nos hormones tendent à se calmer et notre odeur s'atténue également. Chez les personnes âgées, on observe parfois une augmentation de la concentration de molécules telles que la non-2-énal, ce qui peut contribuer à l'odeur distincte associée à cette tranche d'âge.
Odeur de la peur : Comparaison entre espèces
Les cerfs de Virginie possèdent un odorat extrêmement développé, avec environ 290 millions de récepteurs olfactifs, tandis que les chiens en ont environ 220 millions et les humains seulement 5 millions. Cette sensibilité olfactive leur permet de détecter rapidement les odeurs des prédateurs et de réagir de manière appropriée pour assurer leur sécurité.
Bien que nous nous considérions souvent comme supérieurs aux animaux en raison de notre capacité à contrôler notre comportement, il est intéressant de noter que certaines odeurs indétectables peuvent provoquer des réactions chez nous, même si nous n'en sommes pas conscients. Par exemple, il a été suggéré que nous pourrions percevoir l'humeur d'une personne (anxiété ou bonne humeur) à travers sa transpiration.
Comme les cerfs, les humains réagissent également aux signaux olfactifs de danger. C'est pourquoi l'expression "ça ne sent pas bon" est souvent utilisée pour décrire une situation qui semble suspecte ou potentiellement dangereuse.
Notre nez est équipé de récepteurs spécifiques à certaines molécules odorantes, notamment :
- La putrescine, qui évoque l'odeur de la chair en décomposition ou des poubelles.
- La cadavérine, une molécule associée à l'odeur nauséabonde de la chair en décomposition.
- L'indole, qui rappelle l'odeur moisi ou rassis.
- Le scatol, une substance qui évoque une forte odeur fécale.
Notre organisme réagit de manière instinctive aux odeurs, ce qui suggère que certaines substances odorantes, comme la putrescine, pourraient agir comme des signaux sensoriels d'alerte, déclenchant des réponses de défense. Une étude a été menée où des participants étaient exposés à des niveaux indétectables de putrescine dans une pièce fermée. On leur demandait ensuite leur ressenti par rapport à des personnes visibles à l'extérieur de la pièce. Les participants exposés à la putrescine ont montré des comportements plus agressifs et hostiles que ceux qui n'étaient pas exposés. Dans une autre étude, les participants avaient la possibilité de quitter la pièce, et beaucoup ont choisi de partir, ce qui suggère que leur corps était en état d'alerte, prêt à réagir par une réponse de combat ou de fuite.
Les odeurs peuvent également déclencher des souvenirs et des émotions, comme cela a été observé chez les personnes souffrant de troubles post-traumatiques, notamment chez les vétérans de guerre. Ces souvenirs peuvent être associés à des expériences olfactives spécifiques et peuvent déclencher des réactions émotionnelles intenses.
Dans le domaine du marketing olfactif, les entreprises utilisent les odeurs pour influencer les comportements d'achat. Par exemple, les magasins Nike peuvent diffuser des parfums floraux, tandis que les boutiques pour femmes peuvent avoir une odeur de vanille. Les centres commerciaux ou les casinos peuvent également utiliser des parfums spécifiques pour influencer les achats des clients.
B. Les familles olfactive
Chyprés :
Habituellement construits autour d'un accord de bergamote, de mousse de chêne, de labdanum et de patchouli, les chyprés peuvent être modulés pour être plus fleuris, fruités ou boisés, souvent grâce à l'ajout généreux d'agrumes en note de tête, sans qu'aucune caractéristique ne prédomine. Le nom "Chyprés" fait référence à l'île de Chypre, d'où proviennent de nombreux ingrédients originaux, et s'inspire également de la légende d'Aphrodite, la déesse de l'amour, dont on dit qu'elle est née sur l'île et qu'elle dormait sur un lit de mousse - d'où la présence caractéristique de la mousse dans cette composition. Bien que souvent associé au parfum du même nom créé par François Coty en 1917, qui n'est malheureusement plus produit, le nom de Chypre est également attribué à des mélanges mentionnés dès le 18e siècle dans des manuels de parfumerie. Certains historiens avancent même que ce type de formule pourrait remonter à la Rome antique.
Le Chypre de Coty était basé sur un accord de jasmin, de rose, de fleur d'oranger, d'oeillet et de lilas, associé à la douceur subtile de la racine d'iris sur un fond soyeux de mousse de chêne. Agrémenté de vanilline et de civette musquée légèrement sucrée, il a inspiré la mode des fragrances harmonieusement équilibrées et sophistiquées dans lesquelles il est difficile d'identifier une note dominante. Outre les deux piliers que sont la mousse de chêne et la bergamote, un chypre peut contenir des notes de rose, de jasmin, d'ylang-ylang, de labdanum, de santal, de patchouli, de vétiver, de vanille, de musc et de civette.
Laissant une impression de draps froissés et d'amants entrelacés, pour finir sur une touche fumée d'étonnement, un chypre séduit par son équilibre énigmatique et la sensation de nudité épurée qu'il dégage.
Parfum chyprés iconique :
Mitsouko par Guerlain .
Des nuances subtiles de pêche sont baignées dans une vanille crémeuse agrémentée de cannelle, se fondant délicatement dans les arômes de jasmin et de rose de mai. Enfin, une note de fond énigmatique évoque la sécheresse d'un casier à épices sur un lit humide et moussu de vétiver fumé : un véritable opéra d'émotions fluctuantes.
Floraux :
L'humanité a longtemps nourri le rêve de capturer l'essence des fleurs pour l'appliquer sur la peau. Si les fleurs sont présentes dans plusieurs familles de parfums, un parfum est véritablement qualifié de floral lorsqu'il contient une abondance de roses - Rosa centifolia (rose de mai) et Rosa damascena (rose de Damas). Cependant, l'extraction des senteurs florales n'est pas une tâche facile, et certaines fleurs sont si difficiles à extraire par des méthodes conventionnelles que les parfumeurs doivent recourir à des ingrédients synthétiques et à des techniques d'extraction dans l'espace de tête, permettant de recueillir et d'analyser les composés olfactifs présents dans l'air entourant une plante aromatique afin de recréer sa magie. Les parfums floraux peuvent revêtir différents aspects, tantôt doux et enfantins, imprégnés d'une délicatesse naïve, tantôt sensuels et enivrants de manière exagérée, et toutes les nuances entre les deux sont possibles. On peut être surpris par un bouquet frais, initialement très naturel, mais qui évolue progressivement vers quelque chose de plus charnel. Il arrive aussi qu'un aspect particulier de la fleur se démarque, comme si l'on se concentrait sur les gouttelettes de rosée sur les pétales, jouant avec leur texture veloutée, ou caressant les feuilles et les épines d'une rose. Pour être considéré comme floral, un parfum doit présenter en dominance une ou plusieurs des notes suivantes : rose, jasmin, tubéreuse, gardénia, fleur d'oranger, iris, chèvrefeuille et lilas.
Parfum floral iconique :
Joy par Jean Patou Présenté comme "le parfum le plus onéreux du monde" peu après le début de la Grande Dépression en 1930, le Joy de Patou évoque la grâce d'une femme distinguée revêtant une robe de haute couture ornée d'un milliard de fleurs brodées à la main. Il mêle ouvertement les notes de jasmin, de rose, de tubéreuse, de santal lacté, d'ylang-ylang et de civette musquée.
Hespéridés :
Les parfums mettant en avant des notes d'agrumes telles que le citron, l'orange, le néroli, le petit grain bigarade, le pamplemousse, la bergamote, la mandarine et le yuzu, sont basés sur la recette de l'eau de Cologne traditionnelle développée en 1709 par le parfumeur italien Jean Marie Farina. Ce dernier s'était installé à Cologne en Allemagne, d'où le nom donné au parfum. Conçues pour égayer l'esprit de celui qui les portait et améliorer sa santé, les premières eaux de Cologne avaient une concentration en essence aromatique de 2 à 4% et étaient souvent destinées à être consommées. De nos jours, le terme "eau de Cologne" désigne simplement un parfum moins concentré qu'une eau de toilette. Les eaux de Cologne furent les pionnières des parfums hespéridés, nommés ainsi en référence à la légende grecque du jardin des Hespérides, où poussaient les pommes d'or, probablement des oranges. Divinement légères et rafraîchissantes, les fragrances hespéridées évoquent le soleil liquide. Les huiles essentielles d'agrumes étant très volatiles, leurs molécules s'évaporent rapidement sur la peau. Cependant, le plaisir d'un hespéridé réside également dans sa nécessité de réapplication : on se laisse emporter par sa fraîcheur et revigorer par son piquant. La nature percutante mais éphémère des notes d'agrumes fait qu'on les retrouve dans les notes de tête de parfums de toutes les familles, mais dans une fragrance qualifiée d'hespéridée, ces notes occupent une place plus centrale. Avec ses senteurs évocatrices de vacances, un hespéridé dégage une élégance à la fois suave et désinvolte.
Parfum hespéridé iconique :
Eau de cologne originale de 1709 par Farina Dans une correspondance adressée à son frère, il est exprimé : "J'ai trouvé un parfum qui évoque les doux matins de printemps en Italie, avec leurs narcisses jaunes et les effluves des fleurs d'oranger juste après la pluie ; une essence intemporelle, un incontournable pour illuminer l'âme et rafraîchir l'esprit.”
Fougères :
Construites autour d'un ensemble de notes comprenant de la lavande, du géranium, du vétiver, de la bergamote, de la mousse de chêne et de la coumarine, les fragrances de type "fougère" s'inspirent du parfum Fougère Royale, conçu en 1882 pour la maison Houbigant par le talentueux parfumeur Paul Parquet. Celui-ci a été parmi les premiers à utiliser des ingrédients de synthèse après avoir découvert comment isoler la coumarine, un composé chimique présent dans la fève tonka, conférant aux fougères leur arôme caractéristique rappelant le foin fraîchement coupé. Bien que initialement destinées à un public féminin, les fragrances fougères ont conquis le cœur des dandys et sont aujourd'hui largement considérées comme masculines. De nombreuses maisons de parfum s'efforcent de créer des fougères unisexes ou non genrées en accentuant l'aspect sucré proche de la vanille ou de la coumarine, ou en ajoutant des notes florales. Porter un parfum fougère évoque l'image d'une promenade dans une forêt fraîche et ombragée, parmi une végétation luxuriante. On imagine le bruit étouffé des pas sur les feuilles mortes, on ressent la douceur de la terre humide et on perçoit l'odeur de l'herbe après la pluie. Les senteurs sèches et poivrées de la lavande se mêlent aux notes légères, piquantes, florales et citronnées de la bergamote. Le caractère boisé du géranium se marie subtilement avec celui du galbanum, une résine aromatique évoquant les tiges coupées, l'eau fraîche et la verdure amère et sèveuse. Ainsi, les fougères se rapprochent d'une sous-catégorie de la famille olfactive, celle des aromatiques, qui inclut les herbes, les feuilles comestibles et certains agrumes tels que le pamplemousse, le citron et le citron vert. Les fougères dégagent une insouciance harmonieuse et soignée, un goût sûr et une sophistication sobre.
Parfum fourgère iconique :
Drakkar noir par Guy laroche Ce parfum divise les opinions : certains l'adorent tandis que d'autres le détestent. Sorti en 1982, il était l'une des fragrances masculines phares de la décennie, tant il était en phase avec les tendances de la mode et les arômes appréciés à cette époque. Conçu par le parfumeur Pierre Wargnye, il représente un mélange résolument masculin de lavande, coriandre, genièvre, citron, cuir, pin, vétiver et mousse de chêne.
Boisés :
Les essences boisées sont omniprésentes dans la plupart des parfums, généralement en tant que notes de fond. Leur structure moléculaire dense leur confère une longue persistance olfactive, laissant sur la peau une note finale arrondie, chaleureuse et douce. Un parfum boisé met en valeur le caractère boisé à chaque étape, en utilisant généralement une variété de bois pour créer une texture enveloppante d'arômes, tirant parti des caractéristiques uniques de chacun. Les bois les plus couramment utilisés incluent le cèdre, le santal, le calambac et le bois de gaïac, parfois associés au vétiver et au patchouli pour une touche terreuse. Occasionnellement, des épices peuvent être ajoutées pour apporter de la chaleur, ou de la vanille pour renforcer la douceur. Les parfums boisés partagent de nombreuses similitudes avec les chyprés, à l'exception de l'absence des notes florales de cette famille ; ils se rapprochent également des parfums ambrés lorsqu'ils incorporent des épices et des résines. En fonction des essences d'arbres utilisées, un parfum boisé peut évoquer la sécheresse et la texture du bois de cèdre, des nuances laiteuses ou profondément crémeuses du santal, des accents mielleux, tabac ou cuir du calambac, ou encore une sensation de cire, d'huile, voire de rose, rappelant une bougie fraîchement éteinte du bois de gaïac. Le santal blanc, particulièrement réputé pour la qualité de ses huiles essentielles, est désormais une espèce protégée en raison de la surexploitation. De plus en plus de parfumeurs se tournent vers le santal australien, offrant une odeur plus musquée et une douceur fumée et balsamique en comparaison avec la texture laiteuse du santal blanc. Porter un parfum boisé procure une sensation de sérénité et d'enveloppement dans la tranquillité spirituelle d'une cérémonie religieuse, transportant dans un état de grâce.
Parfum boisé iconique :
Wonderwood par comme des garçons Ce parfum évoque l'essence même d'une forêt, avec ses nuances de santal, de gaïac, de cèdre de Virginie, de calambac et de cyprès, complétées par le patchouli résineux et le vétiver herbacé. Il offre une expérience boisée d'une grande intensité, avec une finale poivrée qui persiste longtemps en mémoire.
Ambrés :
Les parfums ambrés, délicieusement voluptueux, sont riches en épices, en musc, en résines et en autres ingrédients évoquant l'encens traditionnel. Leur opulence sous-jacente repose sur des accords boisés, de patchouli et d'ambre. Des notes odorantes telles que le labdanum, le benjoin, le baume du Pérou, l'oliban et la myrrhe se combinent pour créer un effet chaud, rond, fruité et matiné de cuir. Autrefois désignés comme "orientaux", ces parfums ont gagné en popularité dans les années 1920, une époque où une vision hautement idéalisée et romantique de l'Orient faisait fureur dans la mode, l'architecture d'intérieur et l'art occidentaux. Shalimar de Guerlain, lancé en 1925, domine ce genre depuis lors. Il s'agit d'une interprétation olfactive de la légendaire histoire d'amour entre l'empereur Shâh Jahân et Mumtaz Mahal, avec son nom inspiré des jardins de Shalimar à Lahore. Les parfums ambrés peuvent parfois être difficiles à cerner, et comme pour d'autres familles olfactives, ils empiètent souvent sur d'autres catégories aux tonalités plus modernes, généralement boisées ou florales. Ils incarnent avant tout une sensation, capturant la romance mythique et l'exaltation des années folles des années 1920.
Parfum ambré iconique :
Shalimar par Guerlain Le summum de l'ambre ne pouvait être que celui-ci : un parfum vibrant de bergamote, tel une aube s'ouvrant à la chaleur. Des nuances d'iris poudré évoquent un air immobile, teinté de poussière, tandis qu'un voile de vanille fumante flotte sur la peau, accompagné de volutes d'encens s'étirant tout autour.
Gourmands :
La plus récente des familles olfactives a vu le jour en 1955 avec Nirmala de Molinard, qui stimulait les sens en mariant des accents fruités opulents au jasmin, reposant sur une base de fève tonka imprégnée de vanille et d'amande. Puis, en 1978, un autre délice olfactif a vu le jour avec Vanilia de l'Artisan Parfumeur, qui a poussé la gourmandise plus loin que toute autre maison de parfum auparavant, en créant une sensation de crème anglaise parfaitement assumée. Désormais, il est possible d'utiliser du caramel, de la barbe à papa, des fruits rouges, du chocolat, du café, du cognac, des toffées, des amandes, de la vanille, de l'ambre, voire même du chewing-gum, grâce aux découvertes récentes de nouvelles molécules aromatiques et de compositions synthétiques ayant le pouvoir d'évoquer la décadence savoureuse d'un banquet exclusivement composé de desserts.
Ce genre de parfums est généralement conçu pour un public féminin (comme Pink Sugar d'Aquolina), mais des versions plus contemporaines jouent sur des notes de café amer, de bois puissants, de tabac et de rhum, de cognac, voire même de vin, ciblant ainsi un public plus mature. Audacieusement addictif, parfois enveloppé de forts accents boisés et épicés, le parfum gourmand réclame une délicieuse attention.
Parfum gourmand iconique :
Angel par Thierry Mugler Cette icône, lancée en 1992, a marqué l'avènement du genre gourmand. Elle est caractérisée par une abondance d'éthyl-maltol, libérant des notes de sucre chaud, de barbe à papa et de donut. Fruit de l'imagination ludique de Thierry Mugler et de l'inspiration du parfumeur Olivier Cresp, mêlant des fruits rouges sucrés à un patchouli onctueux rappelant le chocolat, cet accord, souvent imité dans des parfums ultérieurs et surnommé "fruitchouli", a rencontré un franc succès avec Angel. Ce succès a encouragé d'autres maisons de parfum à proposer des produits aux arômes de cupcake, parsemés de bonbons et de glaçage.
B. Comment sentir un parfum: La Pyramide olfactive
Il ne s'agit pas d'un objet triangulaire à poser dans votre salon, mais plutôt d'une analyse chronologique des notes du parfum. La pyramide olfactive est la structure et l’architecture d’un parfum, composée de trois niveaux liés à la tenue des différentes notes présentes. Ces notes, plus ou moins intenses, font vivre le parfum différemment tout au long de la journée. Chaque famille de parfums réunit des compositions ayant les mêmes caractéristiques, avec des notes de tête, de cœur et de fond, formant une douce musique pour décrire la construction du parfum. Les trois niveaux de la pyramide olfactive correspondent aux différentes senteurs d’un parfum, de la plus évanescente à la plus persistante.
La note de tête :
La note de tête, la plus légère et éphémère, se manifeste dès la vaporisation du parfum, une fois que l'alcool s'est évaporé. Elle procure une sensation fraîche et volatile qui disparaît rapidement, généralement après environ quinze minutes à une demi-heure. Composée souvent d'essences telles que les agrumes, la lavande, les herbes aromatiques, les fruits légers ou des notes contemporaines comme le thé vert ou le concombre, elle offre une première impression olfactive vive et fugace. Son intensité est vive, fraîche, légère et éphémère, se révélant immédiatement et sans détours. On parle ainsi de « l’envolée du parfum », faisant référence à la sensation de légèreté et de fraîcheur caractéristique de cette phase initiale de diffusion du parfum.
La note de cœur :
Moins intense que la note de tête, la note de cœur se déploie progressivement. Elle est plus durable que la note de tête. Cette note se révèle quelques minutes après la vaporisation, mais sa pleine expression n'intervient qu'après 20 à 30 minutes, une fois que la note de tête s'est évaporée. Elle est caractérisée par des ingrédients tels que les fleurs blanches (jasmin, gardénia, ylang ylang, muguet), les notes rosées (rose, géranium, pivoine), les fleurs poudrées (violette, mimosa, iris), ou encore les notes épicées (cannelle, cardamome, gingembre) et les accords marins. Souvent appelée les « courbes » ou les « rondeurs » du parfum, elle incarne la personnalité du parfum et lui confère son caractère distinctif.
La note de fond :
Les notes de fond, en tant qu'essence même du parfum, constituent sa signature olfactive, son “âme”, laissant une empreinte durable dans les mémoires. Elles permettent de déterminer durablement si l'on aime un parfum ou non. Lorsqu'un parfum est bien construit, ses différentes notes se répondent en harmonie, et il est possible de sentir les notes de fond dès les premières secondes, préparant ainsi leur conclusion dès l'envolée. Elles sont la plus intense et persistante de la pyramide olfactive, la dernière à se manifester. Tenaces, ces notes sont durables et permettent souvent de fixer les accords, s'évaporant lentement pour faire durer le parfum dans le temps. Même perceptibles après plusieurs heures voire plusieurs jours sur certains supports comme les textiles, elles sont composées d'essences boisées (patchouli, cèdre, santal, vétiver), de notes “animales” (ambre, cuir), de résines/notes baumées ainsi que de notes plus gourmandes (vanille, fève tonka, amande notamment). La note de fond est la plus intense et durable de la pyramide d’une fragrance, présente le soir, parfois même le lendemain, et retrouvée sur les vêtements plusieurs jours après les avoir portés. Elle est également là pour fixer le parfum sur la peau, avec une tenue pouvant aller jusqu’à 24 heures.
III. La gamme de parfum Maison Séjour : un héritage revisité
Sources et inspirations
L’élaboration de notre gamme de parfum est le résultat d’une collaboration avec des experts dans le domaine de la parfumerie. Chaque parfum est choisi selon des critères spécifiques basés sur notre identité olfactive, cette dernière qui a été conçu selon le gout d’Alice Bertin et Julien Taddei, les fondateurs de la marque. Inspirés par leur jardin fleuri et potager, chaque parfum est le fruit d’une sélection minutieuse, voir d’une création personnelle.
En étroite collaboration avec des artisans parfumeurs de Grasse, Maison Séjour a voulu recréer cet environnement qui nous entoure et qui nous inspire chaque jour.
Nos parfums sont basés sur le souvenir de moments inoubliables que nous avons personnellement vécus, mélangés à notre expérience locale quotidienne.
Nous souhaitons vous transmettre nos coup de coeurs olfactifs et explorer avec vous ce sens si important à nos yeux.
Chacun y retrouve ses propres souvenirs, ou encore mieux, en fabrique de nouveau avec les bougies parfumées Maison Séjour. Des moments en famille, remplis de gourmandises et de chaleur, des balades dans la nature, ou les plus belles fleurs, chaque souvenir mérite d'être capturé et raconté.
Découvrez également nos best-sellers, qui témoignent de notre attachement aux classiques intemporels, parfois réinventés pour refléter une modernité audacieuse, parfois préservés dans leur essence originale pour vous offrir une expérience olfactive authentique et inoubliable.
Présentation des différents parfums permanents
Maintenant que vous connaissez l’histoire du parfum, ses différentes origines et comment différencier chaque parfums, Maison Séjour vous dévoile sa gamme de bougies fleuries et parfumées, avec une collection de 14 parfums permanents, chacun capturant la magie des saisons et de la nature, crées sur mesure par des parfumeurs de Grasse depuis plus de 50 ans. Du délicat parfum floral du printemps au réconfort chaleureux de l'automne, chaque bougie raconte une histoire, une émotion, un souvenir. Inspirés par les jardins et les paysages changeants au fil des saisons, nos parfums représentent la vie, à la nature et l'émerveillement. Notre recette pour une gamme de parfum réside dans notre passion pour les senteurs, notre amour de la nature et notre engagement à vous offrir une expérience sensorielle incomparable. Laissez-vous envoûter par les différentes fragrances et laissez votre esprit voyager au gré des saisons, des jardins et des souvenirs parfumés. ☀
Les gourmands :
🌼Vanille :
Catégorie : Gourmande
Pyramide olfactive :
-Note de tête : aupébine
-Note de cœur : vanille
-Note de fond : caramel
Cette fragrance senteur vanille de Maison Séjour, un parfum doux, sucré et délicatement caramélisé, vous transporte instantanément vers l'enfance, réveillant les souvenirs les plus tendres. Elle est gourmande et réconfortante et est le choix idéal pour charmer tous les cœurs.
🎂Dimanche gourmand
Catégorie : Gourmand
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Amande, rhum
-Note de cœur : cannelle, vanille
-Note de fond : Musc, caramel
Telle une madeleine de Proust olfactive, cette fragrance, disponible en plusieurs formats (fondants parfumés, bougies, brumes d'ambiance ou diffuseur voiture...), vous invite à un voyage nostalgique dans le temps, offrant une expérience sensorielle unique et exquise.
Inspiré directement d'une spécialité qui n'est pas de chez nous, mais que notre boulanger revisite avec un grand succès, le Kougloff, avec ses raisins marinés au rhum et sa texture si typique. Vous ne connaissez pas cette pâtisserie beurrée ? Il n'est jamais trop tard pour se mettre à la page !
🍵Thé et pain d’épices
Catégorie : Gourmande, fruitée
Pyramide olfactive :
-Note de tête : gingembre, orange
-Note de cœur : thé, pain d’épices
-Note de fond : noix de coco, cannelle
Cette fragrance chaleureuse est souvent un best-seller de la fin de l'année chez Maison Séjour, mais c'est toute l'année que ses notes épicées et gourmandes nous réconfortent.
Un fragrance que nous avons sélectionnée à la fois pour sa douceur et sa chaleur, un alliage complexe qui restitue une ambiance incroyable et qui noua rappelle immédiatement des moments d'hiver passés en famille.
🥧Tarte à la rhubarbe
Catégorie : Gourmande
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Accord vert, Accord lacté
-Note de cœur : Tarte à la Rhubarbe
-Note de fond : Vanille, Caramel
C'est en cultivant la rhubarbe dans notre propre jardin qu'est né notre passion pour cette plante. Une plante rustique et simple qui une fois cuisinée révèle une gourmandise acidulée surprenante. Un classique en cuisine traditionnelle qui nous a paru évident de reproduire dans une fragrance et à intégrer dans notre univers olfactif.
Les fruités :
🍐Souvenir du verger
Catégorie : Gourmande, Fruitée
Pyramide olfactive :
-note de tête : Amande, Corme
-note de cœur : Corme, Noix
-note de fond : Miel
Une création olfactive qui nous a été inspirée directement des arbres du verger de notre jardin. Noyer, cormier, un parfum à la fois estivale et automnal, avec des notes matures qui reflètent notre univers olfactif avec beaucoup de fidélité. Un parfum soutenu, fruité et inspirée de cet arbre ancien et de ses fruits si peu valorisés; les cormes.
🍊Fleur d’oranger :
Catégorie : Fleurie, fruitée, hespéridée, vert
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Petitgrain
-Note de cœur : Oranger fleur, accord floral
-Note de fond : fève tonka
Evoquant directement les beaux jours, et la chaleur de l'été, cette fragrance nous semblait être un incontournable dans notre bibliothèque olfactive. Un parfum fidèle et qui évoque un souvenir à chacun, populaire et très apprécié.
🫙 Confiture de figue :
Catégorie : Fruité, gourmand
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Accord vert, Accord lacté
-Note de cœur : Confiture de Figue
-Note de fond : Vanille, Caramel
Cette odeur captivante trouve ses racines dans la confiture de notre grand-mère. Retrouvez la sensation chaleureuse d'une confiture de figues faite maison en plein cuisson avec cette fragrance vanillée qui présente la figue sous un nouveau jour, toujours aussi fruitée, mais avec un alliage vert et sucré qui vous transporte dans des souvenirs régressifs.
🌿 Verveine :
Catégorie : hespéridée, verte
Pyramide olfative :
-Note de tête : menthe
-Note de cœur : Verveine, citron
-Note de fond : Musc
Une expérience olfactive inédite par sa fidélité à la verveine citronnée présente dans notre jardin potager. Associée à son compagnon fidèle, le musc, cette fragrance dégage des notes douces, fraîches et citronnées qui enveloppent votre espace de détente d'une atmosphère apaisante. Une fragrance qui reflète encore une fois notre univers autour du jardin et inspiré directement des plantes que nous cultivons chaque année.
Les parfums fleuris :
🌸 Frangipanier et jasmin :
Catégorie : Fleurie
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Cyclamen, orange
-Note de cœur : Jasmin, frangipanier
-Note de fond : Benjoin, framboise
Il arrive aussi que nos sélections se tournent vers les plantes que nous aimerions avoir ! Des incontournables qui ne sont pas forcément présents dans notre jardin mais dans nos coeurs !
🌹 Rose du séjour :
Catégorie : Fleurie
Pyramide olfactive :
-Note de tête : orange, citron, cardamome
-Note de cœur : Rose, feuilles de thé, bois de gaïac, rose centifolia
-Note de fond : Mucs, bois de cèdre, ambre
Qu'y a-t-il de plus romantique et envoûtant que la fragrance de la rose ? Chez Maison Séjour, nous avons choisi de capturer son essence à travers cette fragrance, au parfum intense et fidèle. Pour renforcer l'évocation de cette fleur emblématique, des pétales de rose, soigneusement séchés dans notre atelier, viennent sublimer chaque bougie. Fabriquée à Grasse avec dévouement, cette fragrance florale est une déclaration d'amour à la romance, une œuvre de décoration unique qui ajoutera une touche d'élégance et de finesse à votre intérieur.
🌻 Pétales de tournesol :
Catégorie : Fleurie, poudrée
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Herbe coupée, tournesol
-Note de cœur : rose, aubépine
-Note de fond : musc, cèdre
Cette fragrance est une véritable célébration des rayons ensoleillés des jardins. Confectionnée avec minutie, cette fragrance révèle un équilibre parfait entre les notes florales et poudrées du tournesol, de l'aubépine et du musc, offrant ainsi une expérience olfactive ensorcelante. Une fragrance qui nous a été révélée en cultivant nos propres tournesols dans notre jardin potager.
Les parfums bien-être :
🧘🏻Jardin intérieur :
Catégorie : Fleurie
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Rose, jasmin
-Note de cœur : Musc, fève tonka
-Note de fond : Héliotrope, accord doux
Inspirée par le bine-être que nous souhaitons transmettre à travers notre univers, une douceur florale incomparable. Cette fragrance, conçue sur-mesure, est inspirée par les moments de détente que nous nous accordons, indispensables pour tenir dans cette vie d'entrepreneurs.
💮Fleur de coton :
Catégorie : Fleurie
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Rose, ylang ylang
-Note de cœur : Fleur de coton, jasmin
-Note de fond : Musc, fève tonka
Une sélection obligatoire dans notre univers! La douceur du parfum fleur de coton fait forcément partie des best-sellers avec ses notes incontournables et fleuries.
🌙Rituel du soir
Catégorie :
Pyramide olfactive :
-Note de tête : Sauge, Romarin
-Note de cœur : Eucalyptus, Accord fumé
-Note de fond : Musc, Encens
La fragrance Rituel du soir est inspirée de ces bâtons de fumigation fabriqués avec les plantes du jardin, qui sont des marqueurs de rituels de purification des lieux chargés d'histoire et d'émotions. Les notes aromatiques soutenues par les accords fumés, le musc et l'encens font de cette fragrance un véritable moment pour soi.
Mais ce n'est pas tout ! En plus de nos parfums permanents, découvrez également nos créations éphémères, des éditions spéciales qui célèbrent chaque mois une nouvelle inspiration, une nouvelle sensation.
C. Engagement envers la qualité et l'éthique : parfums sans CMR, sans phtalates, et non testés sur les animaux
En plus de vous proposer une gamme de produits riche et variée, Maison Séjour se soucie de votre bien-être et de l'environnement. Chez Maison Séjour, nous ne faisons aucun compromis sur la qualité et le respect de l'environnement. Nos parfums sont élaborés à Grasse, la capitale mondiale du parfum, réputée pour son savoir-faire inégalé. Chaque fragrance est le fruit d'un travail minutieux et passionné, garantissant une expérience olfactive sûre, agréable et d’une excellente qualité. Sur le marché des bougies parfumées, certains fabricants recourent à des parfums contenant des CMR (cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) et/ou des phtalates. Ces substances sont également présentes dans divers produits tels que les cosmétiques, les huiles parfumées, les parfums, et d'autres produits contenant des fragrances variées. Elles sont soumises à une réglementation stricte en France et dans l'Union Européenne en raison de leur potentiel toxique.
Quels sont alors leurs effets sur notre santé et sur l'environnement ?
Des fragrances sans substances CMR et sans phtalates impliquent certaines molécules présentes naturellement dans certains essences de parfum qui dégagent ces substances (c’est pourquoi on ne brûle pas les huiles essentielles).
Les parfums sans CMR et sans phtalates sont donc une alliance entre molécules naturelles et molécules synthétiques, un équilibre rigoureux mis en place par notre parfumeur pour restituer les meilleures fragrances et être le plus sain et responsable possible.
Que signifie “C.M.R” ?
Les CMR sont des matières cancérogènes, mutagène ou reprotoxique.
🔴Cancérogène : agent chimique dangereux à l’état pur ou en mélange, pouvant provoquer l’apparition d’un cancer ou en augmenter la fréquence.
🔴Mutagènes : substances et mélanges qui induisent l’altération de la structure ou du nombre de chromosomes des cellules. Les chromosomes sont les éléments du noyau de la cellule qui portent l’ADN. L’effet mutagène (ou atteinte génotoxique) est une étape initiale du développement du cancer. Ils peuvent reproduirent des défauts génétiques héréditaires ou en augmenter la fréquence.
🔴Reprotoxique : substances et mélanges pouvant altérer la fertilité de l’homme ou de la femme ; ou altérer le développement de l’enfant à naître (avortement spontané, malformation, …)
Que sont les phtalates ?
Les phtalates sont un groupe de produits chimiques dérivés de l’acide phtalique. Les phtalates sont présents dans beaucoup de domaines de notre environnement quotidien : cosmétiques, emballages alimentaires, peintures, vêtements, jouets,… Ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens et sont classés comme substance toxique et donc soumis à des normes rigoureuses. D’autres substances peuvent contenir des phtalates dans les bougies, notamment dans les bougies colorées (colorants/pigments).
Parce que nous croyons en un monde respectueux de tous les êtres vivants, aucun de nos produits ou ingrédients n'est testé sur les animaux. Notre engagement envers le bien-être de tous est au cœur de notre démarche éthique.
Conclusion
En conclusion, l'art du parfum transcende les époques, capturant les souvenirs et évoquant des émotions intemporelles. De l'Égypte ancienne à nos jours, son histoire est tissée de rituels sacrés, d'innovations audacieuses et de traditions séculaires. L'odorat, ce sens si intimement lié à la mémoire, nous transporte à travers les âges, nous rappelant la puissance évocatrice et intemporelle du parfum.
À travers notre exploration, nous avons également découvert l'importance des compétences techniques dans l'appréciation et la création de parfums. Des différentes catégories olfactives à la complexité de la pyramide olfactive, chaque aspect technique contribue à la richesse et à la diversité de cet art subtil.
Enfin, en nous penchant sur la gamme de parfum de Maison Séjour, nous avons été témoins d'un héritage revisité, où l'artisanat rencontre l'innovation. Des sources d'inspiration authentiques aux engagements envers la qualité et l'éthique, Maison Séjour incarne l'excellence et l'intégrité dans chaque fragrance qu'elle propose.
Ensemble, ces éléments forment un tableau captivant de l'histoire et de l'avenir du parfum, où le passé et le présent se rejoignent dans un ballet harmonieux de senteurs et de sensations. Que ce soit pour évoquer des souvenirs chers, pour exprimer sa personnalité ou simplement pour s'immerger dans un univers sensoriel, le parfum continue d'enchanter et de fasciner, affirmant sa place indéniable dans notre quotidien et dans notre histoire collective.
Alors que nous réfléchissons à l'histoire et à l'avenir du parfum, il est fascinant de constater comment de nouveaux métiers liés à cet art émergent. Un exemple notable est celui de Germain Schrodi, un ancien coiffeur en Alsace, qui se présente désormais comme "Olfacticien". Cette évolution témoigne de la vitalité et de la créativité constantes de l'industrie du parfum, nous rappelant que son potentiel et ses surprises sont loin d'être épuisés.
Sources, ressources : Livre : Parfum - De l’essence au flacon, publié en collaboration avec les éditions Die Gestalen Verlag GmbH & Co. KG, Version française. 2021, Éditions E/P/A - Hachette Livre www.editionsepa.fr